La valorisation du noir de Brière

La société Florentaise intervient chaque année dès le mois de décembre et jusqu’à la fin mars  pour récupérer, transporter et valoriser le Noir de Brière. 

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Entre 2006 et 2016, ce sont plus de 53 000 tonnes qui ont été évacués, avec un maximum de 8 260 tonnes en 2013 et un minimum de 0 tonnes en 2007 et 2009 (dû aux conditions climatiques et aux inondations très tôt du marais, soit environ 4 500 t / an. En 2017, on estime la quantité évacuée de noir de Brière à environ 3000 tonnes, ce faible tonnage est dû à un niveau exceptionnellement bas du marais cet hiver qui n’a permis la navigation des barges qu’à partir de début mars.

La récupération des vases en image

 

Un passé révolu …

Auparavant, les Briérons vivaient des ressources du marais : tourbe pour le chauffage, roseaux pour les toits en chaume, vases extraites des canaux et plans d’eau (dit le « Noir de Brière ») pour améliorer la qualité du sol des jardins et des cultures… Mais depuis une cinquantaine d’années, ces activités ont disparu. En ce qui concerne l’utilisation de la vase, elle a été concurrencée par le développement de l’industrialisation des engrais. L’arrêt de la coupe du roseau, la diminution de l’élevage et de l’extraction du Noir ont entrainé une accumulation de vase et une progression de la roselière dans le marais de Brière. La productivité primaire de la roselière est de l’ordre de 20 tonnes de matière sèche par ha et par an, soit plus de 100 000 tonnes de débris végétaux par an sur le marais indivis (6000 ha de roselières).

 

Optimiser l’entretien du marais

Pour pallier à cette problématique de comblement du marais, la Commission syndicale de la Grande Brière Mottière (CSGBM), gestionnaire du marais indivis (21 communes), et le Parc naturel régional de Brière ont entrepris des opérations de curage des canaux et plans d’eau à l’aide de pelleteuses mécaniques et d’une drague suceuse. Inconvénient majeur de ces travaux, les matériaux issus du curage étaient entreposés sur le bord des canaux par la pelle, ou refoulés dans la roselière par la drague, avec les problèmes d’atterrissement, de développement d’espèces non désirables et de rupture de communications écologiques que cela pouvait engendrer.

Une ressource épuisable

En parallèle, les nouveaux processus de fabrication de terreau utilisent de la tourbe, généralement en provenance d’Estonie. Cependant, cette ressource n’est pas renouvelable, et on commence à assister à un épuisement des réserves de tourbe.

Valorisation des vases

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L’action de valorisation des vases issues du dragage comme substitut de la tourbe dans le terreau, a été rendue possible grâce à la volonté de la société Florentaise, un des leaders français dans le secteur des terreaux et supports de culture. Face à la raréfaction de la tourbe, cette entreprise sensible aux arguments écologiques s’est montrée intéressée par les perspectives d’une solution alternative à l’utilisation de la tourbe dans la fabrication de ses terreaux. En 2005, un partenariat tripartite voit le jour après plusieurs années d’études et d’expérimentation sur la valorisation du noir de Brière. La Société Florentaise obtient l’autorisation pour 15 ans pour récupérer la vase extraite par la drague. Une convention avec la CSGBM l’autorise à intervenir sur la propriété indivise de la Grande Brière Mottière. Une autre convention réunit la CSGBM, le Parc et la Florentaise et définit le rôle de chacun. Le syndicat mixte du Parc naturel régional de Brière travaille à extraire la vase qui est refoulée par la drague et stockée provisoirement dans des bassins de décantation. Ils sont réalisés avec les matériaux sur place (végétation, terre) dans la roselière en bordure des canaux dragués. Ces bassins appelés aussi lagunes représentent 1 hectare clos par des talus de terre végétale. Ces lagunes sont réalisées chaque année par une entreprise et financées dans le cadre du contrat territorial milieux aquatiques. Une fois la vase décantée après quelques années, la Florentaise intervient avec une pelle mécanique pour mettre ce volume en cordon sur la berge. Si les conditions météorologiques le permettent, cette opération se déroule du mois d’août jusqu’au mois de décembre. Du 1er décembre au 31 mars, la Florentaise est autorisée à acheminer la vase par barge de la lagune jusqu’au port. S’ensuit alors un va et vient de camions chargés à destination de St Escobille (Paris) ou St Mars du Désert (44). Selon les conditions climatiques, cette organisation permet de récupérer entre 5000 et 10 000 m3 chaque année, soit entre 150 et 250 camions. Une fois déchargé à l’usine Florentaise, le noir est valorisé en tant que matière première dans la composition de terreaux plus respectueux de l’environnement. Il est associé aux fibres de bois Hortifibre pour limiter l’utilisation de la tourbe dans cette nouvelle génération de terreau. Florentaise produit et commercialise des supports de culture pour le marché professionnel et le grand public. L’opération n’a pas été conçue dans un but de rentabilité économique, mais plutôt dans une logique de services rendus concomitants : le Parc naturel régional de Brière et la Commission Syndicale de Grande Brière Mottière peuvent soustraire les produits de curage au marais et la Florentaise bénéficie d’un matériau gratuit et renouvelable, dans un contexte d’épuisement des ressources de tourbe. En savoir plus sur la florentaise