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Toits de chaume : et ailleurs, ça se passe comment ?

Pourquoi nos toits de chaume se dégradent-ils prématurément ? C’est à cette question que le Parc naturel régional de Brière a voulu répondre en organisant deux voyages d’études riches d’enseignements, l’un au Royaume-Uni, l’autre aux Pays-Bas.

Comprendre pourquoi champignons et cyanobactéries se multiplient sur le chaume en Brière , cela demande de nombreuses recherches et… beaucoup de temps ! Pour trouver la cause de ce phénomène, le Parc a décidé de regarder ce qu’il se passe en-dehors de nos frontières, auprès d’experts internationaux. Des représentants locaux ont été invités à participer avec Anne Brasselet aux voyages d’études organisés en mars 2019. Thierry Renard, chaumier, a ainsi fait partie de la délégation à Southampton du 22 au 24 mars, tandis que Jean-François Aoustin, propriétaire de chaumière, et Luc Brient, scientifique, se sont rendus à Nijkerk les 27 et 28 mars à la rencontre des experts de la fédération professionnelle des chaumiers néerlandais. Fort des enseignements récoltés durant ces deux voyages d’études, le Parc, les chaumiers, les scientifiques et les propriétaires de chaumière avancent dans la compréhension de la détérioration prématurée de ce précieux patrimoine local.

Un propriétaire témoigne 

« En tant que propriétaire de chaumière et membre actif de l’Association des Propriétaires de Chaumières en Brière, je voulais comprendre pourquoi nos toits, prévus normalement pour durer entre 35 et 50 ans, s’abîment aussi rapidement. J’ai donc fait partie de la délégation emmenée par le Parc », raconte Jean-François Aoustin. « Sur place, nous avons pu poser toutes nos questions et nous sommes repartis avec une bonne partie des réponses. Cela nous a fait énormément avancer dans nos réflexions. De retour en France, un comité stratégique a été organisé par le Parc pour restituer l’ensemble des éléments collectés sur la problématique fongique. Parallèlement, nous avons pu informer nos adhérents sur l’origine de ce développement et leurs avons précisé les critères de qualité que doit avoir un bon roseau pour espérer prolonger la durée de vie de sa toiture. Par ailleurs, un livre réalisé par les Néerlandais, traduit de l’anglais au français, est en cours d’édition. Il retrace dans le détail tous les résultats des expérimentations et éclaire le lecteur sur les paramètres rendant un roseau viable pour construire une toiture en chaume durable ».

Un gain de temps précieux

Sur place, experts et scientifiques ont fait part des résultats de précieux retours d’expériences, avec un recul de 20 ans de recherches menées avec les Allemands sur des problématiques similaires. Suite à ces échanges, il semblerait que la qualité des roseaux utilisés soit en cause et, notamment, sa salinité. Des premières analyses des roseaux utilisés en Brière ont été lancées par le Parc avec un laboratoire à Nantes. « Nous espérons que la prise en compte et la mise en application de ces résultats évitera, sur les prochaines constructions, une pose de chaume à durée de vie réduite. Et si, pour l’avenir, des solutions semblent se profiler, malheureusement pour les chaumières existantes, il n’y a pas d’issue pour éradiquer ou limiter les effets de cette dégradation prématurée », poursuit-il. D’autres facteurs, comme la pose, l’ensoleillement, la pente du toit ou l’entretien de la toiture, ont également une incidence. 

Eléments pour une durabilité des toitures en chaume - Détail

Pour comprendre l'influence des paramètres influençant la durabilité d'une couverture en chaume.

Études, rapports
Eléments pour une durabilité des toitures en chaume

Synthèse de la problématique fongique et de sa compréhension.

Études, rapports
Chaume, vers des solutions ?
Fin 2016, le Parc naturel régional de Brière a engagé un programme d’actions pour mieux comprendre la dégradation prématurée des toits en chaume sur son territoire. Tout récemment, le programme d’actions a été adapté pour tenir compte des derniers éléments scientifiques.
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Un projet collectif de préservation des chaumières
Face à l’accélération des dégradations prématurées des couvertures en chaume, le syndicat mixte du Parc naturel régional de Brière, les collectivités, les habitants et les chaumiers ont engagé un projet pour comprendre le phénomène et trouver des solutions pérennes.
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