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Chaumieres de Briere

UN PATRIMOINE DE CHAUMIÈRES À PRÉSERVER

Témoins d’un habitat traditionnel typique du 17ème siècle et étroitement lié aux activités agraires et aux territoires de marais, les villages de chaumières constituent, de par leur architecture simple et typique, des ensembles bâtis singuliers des paysages du Parc naturel régional de Brière.

Les sites remarquables pour découvrir les chaumières : le village de Kerhinet à Saint-Lyphard, entièrement restauré par le Parc naturel régional de Brière au début des années 1970, le village de Bréca à Saint-Lyphard, Mayun à la Chapelle-des-Marais, l’île de Fédrun à Saint-Joachim…

Avec plus de 3500 couvertures en chaume, la Brière est unique en France.

Village de Bréca à Saint-Lyphard

Le territoire abrite à la fois :

  • des chaumières traditionnelles (antérieures aux années 1940) dont les modes constructifs sont encore révélateurs d’implantations en lien avec les modes de vie collectifs et d’emploi de matériaux locaux : terre, pierres, chênes et châtaigniers, roseau.
  • des chaumières récentes (postérieures aux années 1940) utilisant des matériaux contemporains et dont le fonctionnement thermique et hygrométrique sont radicalement différents.

Schéma des fonctionnements thermiques selon les périodes et matériaux de construction

Schéma des fonctionnements thermiques selon les périodes et matériaux de construction

 

LE CHAUME, UNE RESSOURCE MILLENAIRE

La couverture en chaume est très ancienne. Composée de brins végétaux directement posées sur une charpente simple et légère, elle était de tous temps réalisée par les habitants eux-mêmes.

Aujourd’hui, la pose du chaume se fait par des artisans chaumiers selon deux méthodes qui se valent en durabilité. La technique dite verticale ou dites « à la poignée »s’effectue par un seul chaumier qui procède par passées verticales. La technique à l’horizontale ou dite « à la barre » peut être réalisée par une équipe ou un chaumier seul qui procède à des passées horizontales. Bien que sa durée de vie soit estimée à 30 ans, la couverture en chaume ne demeure pas moins vivante car faite de végétaux soumis aux intempéries et à diverses dégradations (mousses, lichens, champignons et oiseaux…).C’est pourquoi la surveillance de son évolution et son entretien sont importants.Le matériau utilisé aujourd’hui est le roseau, Phragmites australis, issu des roselières briéronnes, camarguaises ou d’autres pays européens. Mais d’autres végétaux récoltés localement ont précédé le roseau : le seigle, le jonc jusqu’au 19ème voire 20ème siècle. Il est encore possible de trouver cette succession de couches végétales sur d’anciennes toitures.

La présence de mousses et champignons est souvent signe d’une humidité optimale pour leur développement (manque de ventilation en sous-face, infiltrations…). La présence de certains champignons et cyanobactéries peut entrainer des désordres importants nécessitant la réfection totale de la toiture si aucune intervention n’est réalisée à temps.

En cas d’apparition de mousses, de champignons ou de toutes dégradations, il est conseillé de demander l’avis à un chaumier pour en diagnostiquer la cause et envisager une éventuelle intervention.

En savoir plus sur les actions menées par le Parc


Si vous êtes propriétaire d’une chaumière nous vous invitons à participer en 2017 à une étude sur l’ensemble du Parc pour connaître les mécanismes de développement des champignons et cyanobactéries sur les toitures en chaume.

QUEL AVENIR POUR LES CHAUMIERES ?

Le village de Kerhinet en 1972


Une partie du patrimoine de chaumières a pu être conservée et renouvelée grâce à l’action conjuguée du Parc naturel régional de Brière, des élus locaux, régionaux et communaux qui ont soutenu financièrement la restauration d’un grand nombre de chaumières.

Au total depuis 1970 à 2006, plus de 1 600 bénéficiaires ont été aidés pour la pose, restauration ou rénovation de couvertures en. Ces subventions ont soutenu principalement des chaumières existantes (78%), et des résidences principales, ainsi que des annexes (loges, anciennes granges et écuries…) qui font partie intégrante du paysage.
Les impacts de cette politique globale ont été bénéfiques car le territoire a redécouvert son patrimoine et les savoir-faire des chaumiers. Ainsi, les ensembles de chaumières constituent des lieux de visites incontournables du territoire du Parc, et notamment le village de Kerhinet qui compte en 2015 près de 300 000 visiteurs par an.

 

En outre, l’activité économique locale a été relancée et 12 entreprises de couvreurs chaumiers installées sur le territoire ou à proximité interviennent.

Toutefois la conservation du patrimoine de chaumière, des savoir-faire et le maintien de la filière économique restent fragile en raison de :
– L’absence d’aides pour l’emploi du chaume plus coûteux que l’ardoise,
– L’absence de formation spécifique au métier de chaumier
– Des dégradations du chaume par des champignons et cyanobactéries