L’ail des landes : une plante protégée

L’Ail des landes (Allium ericetorum Thore) est une plante à bulbe protégée connue uniquement en France, Espagne et Portugal. Extrêmement rare sur le Massif armoricain, la plante bénéficie d’un plan de conservation régional.

Seules 4 stations se maintiennent actuellement sur ce territoire, toutes localisées sur la commune d’Herbignac (la plante était autrefois connue sur des communes voisines : Assérac, Camoël…).

Un plan régional de Conservation mis en place

La région Pays-de-la Loire a ainsi une très forte responsabilité pour la conservation de ces populations armoricaines résiduelles qui se trouvent isolées par rapport au cœur de l’aire de répartition de l’espèce qui se situe plus au sud (Aquitaine, Pyrénées).

« Cette réintroduction a été possible grâce à l’implication de la famille de La Monneraye, propriétaire du domaine de Coët-Caret, qui met en œuvre une gestion appropriée pour restaurer et maintenir des conditions favorables à l’espèce sur le site ».

L’Ail des landes, jusqu’alors inconnu sur la vaste propriété boisée de Coët-Caret, a été découvert en 2002 par Mme de La Monneraye, propriétaire du site. Cette passionnée de botanique a contacté Dominique Chagneau, référente flore pour la Loire-Atlantique, qui a confirmé la présence de cette espèce rarissime. Cette petite station qui ne comptait que deux pieds d’Ail a disparu en 2009, les bulbes probablement consommés par des rongeurs.

La réintroduction de l’Ail des landes à Coët-Caret, s’inscrit dans le cadre du plan régional de conservation en faveur de cette espèce, établi par le Conservatoire botanique national de Brest (CBN de Brest) en 2004. Sa mise en œuvre est coordonnée conjointement par le CBN de Brest, le Parc naturel régional de Brière et l’association Bretagne Vivante-SEPNB, en partenariat avec les propriétaires des différentes stations.
La réintroduction de l’Ail des landes à Coët-Caret, a été motivée en tout premier lieu par la forte responsabilité que détient la région des Pays de la Loire dans la conservation de la plante au sein de son aire armoricaine, aire disjointe au sein de son aire globale de répartition. Elle poursuit l’objectif d’un renforcement des populations d’Herbignac, vulnérables du fait d’un effectif global de pieds relativement peu important et de l’état de conservation préoccupant de certaines très petites stations. Elle s’est appuyée également sur l’opportunité de disposer de lots de graines collectés sur les stations d’Herbignac par le Conservatoire botanique et conservés en banque de semences.

Affaire à suivre !

Début février 2018, plus d’une centaine de bulbes ont été réimplantés à Coët-Caret à Herbignac, ils sont issus de graines prélevées sur des pieds d’Ail ayant fleuri sur les stations de Coët-Caret et de Kerlouis. Le mélange de bulbes issus de deux stations différentes a pour objectif de renforcer les chances de réussite, d’une part en augmentant le nombre de plants implantés et d’autre part en mélangeant les populations sources, ce qui potentiellement augmente la diversité génétique et par conséquent la vigueur de la population à long terme.
L’opération de réintroduction (qui est encadrée par un arrêté préfectoral du fait de la législation sur les espèces protégées) se poursuivra en 2019, sur un secteur qui bénéficiera en 2018 d’un chantier de restauration du milieu pour optimiser la reprise des bulbes qui seront introduits. Cette opération, rare et exceptionnelle, a nécessité l’avis favorable des Conseil scientifique régional du patrimoine naturel et Conseil national de protection de la nature. Elle fera l’objet de suivis scientifiques durant de nombreuses années pour vérifier la bonne reprise et le maintien des bulbes implantés sur le long terme. Le propriétaire s’est engagé à assurer l’entretien des secteurs d’implantation, élément essentiel pour la bonne réussite de cette réintroduction. .

Pour en savoir plus : 
Conservatoire national Botanique de Brest

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