Ses milieux naturels

Depuis un siècle, des mutations socio-économiques (industries de Saint-Nazaire) se traduisant par une baisse de l’exploitation du marais par l’homme, ont engendré une évolution rapide et quelques fois profonde du milieux naturels.

Les activités humaines traditionnelles anciennes (coupe de la tourbe, du roseau, exploitation du sel) et les pratiques de la gestion actuelle (curage des canaux, fauche des foins et de la litière, pâturage extensif) ont favorisé la diversité paysagère. Prairies inondables, plans d’eau, roselières, surfaces urbanisées, bocage …recèlent bon nombre d’espèces qui participent au fonctionnement de l’écosystème.

Cependant, malgré l’abandon de l’entretien du sol par l’homme au profit de l’industrialisation et bien que l’écosystème du marais soit aujourd’hui largement perturbé ( invasion d’espèces invasives, pollution de l’eau et autres facteurs,) le territoire conserve un potentiel biologique hors du commun, notamment grâce à l’entretien des marais (Mès, indivis et privés).

Ces paysages d’exception s’organisent en différents types de milieux.

 
A. Montrelay

A. Montrelay

 

Roselières secrètes

Les roselières couvrent aujourd’hui près de la moitié des marais de Brière. Monde secret où tout est furtif, elles abritent Campagnol amphibie, Mésange à moustaches, Butor étoilé et autre Busard des roseaux…

Vertes au printemps, blondes en automne, elles sont le royaume des grands Hélophytes, Jonc des chaisiers et autres massettes…

 

 

Prairies inondables dans le Parc naturel régional de Brière

©P.Bonnet

Prairies humides

Les prairies humides naturelles s’étendent à perte de vue. Leur intérêt floristique exceptionnel les place au tout premier rang français pour la préservation des espèces de milieux humides. À proximité de l’estuaire, la présence du tamaris, de la guimauve et du trèfle maritime témoigne des remontées anciennes d’eau saumâtre lors des grandes marées Hôtes réguliers, Belettes, Hermines et Lièvres d’Europe côtoient les oiseaux hivernants et migrateurs tels la Barge à queue noire, le Combattant, le Hibou des marais, le Canard pilet…Au printemps, les grenouilles vertes s’y rassemblent ainsi que les Brochets et les Carpes.

Ces milieux ne peuvent maintenir leur diversité sans l’activité humaine (pâturage et fauche).

un plan d'eau dans le Parc naturel régional de Brière

©P. Bonnet

Canaux et plans d’eau

A proximité des buttes et des îles habitées, les canaux s’ouvrent sur de nombreux plans d’eau : les piardes et les copis. «la piarde à Julot », « la piarde à Eugène », « copis ardent » et autres « copis olive »… Chacun porte un nom. Ces plans d’eau peu profonds essentiellement situés dans le marais de Grande Brière sont d’anciens lieux d’extraction de la tourbe. Au printemps, le monde végétal explose dans ces zones de faible profondeur. Certaines plantes s’étirent et ondulent, d’autres flottent (Lentilles d’eau, Morènes…) ou étalent leurs corolles de couleurs (Nénuphars, Utriculaires) . Au cœur de cette végétation, insectes aquatiques, amphibiens et poissons constituent un inépuisable garde-manger pour bon nombre d’oiseaux (Guifettes, Hérons, Foulques) et de mammifères tels que la Loutre.

Mais depuis quelques décennies, cette richesse est en danger. L’Ecrevisse de Louisiane s’est implantée depuis 1990 dans ces milieux et a dévasté les herbiers aquatiques, modifiant en conséquence l’ensemble des chaînes alimentaires.