/ Le Parc/Un territoire d’exception/Caractère/A l’origine des marais

A l’origine des marais

Des montagnes en Brière ! L’érosion des montagnes hercyniennes présentent avant la fin de l’ère primaire a conduit au façonnement de bas plateaux et l’aplanissement de notre territoire. À l’ère tertiaire, un ensemble de blocs bordés d’escarpements parallèles se forme. Ces blocs se succèdent du sud-ouest au nord-est en formant une sorte de grand escalier aux marches contrariées.

Les zones humides actuelles sont soit des marais maritimes (marais du Croisic, marais de Mesquer), soit des marais continentaux (marais du Mès, Brière, marais du haut Brivet). Les zones humides du Parc naturel régional occupent 20 000 hectares soit 34,6 % de la surface totale. Mais voici comment ce territoire s’est formé:

la formation des marais à l'ère quaternaire  

la mise en place des zones humides

Il y a 18 000 ans, les variations du niveau de la mer fluctuent en fonction du climat expliquant la configuration des côtes actuelles et la présence des zones humides. Cette série d’épisodes transgressifs et régressifs évolue jusqu’à l’époque gallo-romaine au terme de laquelle le niveau s’élève pour atteindre l’actuel. 

Entre 6 000 et 5 000 av. J.-C.: la Brière est largement couverte d’une forêt de chênes et de noisetiers et les hommes, chasseurs et pêcheurs nomades du Mésolithique, la parcourent. En avant du coteau de Guérande, se trouve une baie à double entrée.

De 5 000 à 2 500 av. J.-C.: le niveau de la mer s’élève régulièrement et la Brière devient progressivement un immense golfe marin, exondé à marée basse, qui se couvre, entre 3 000 et 2 500, de prés-salés. Dans les zones émergées, l’agriculture et l’élevage apparaissent au Néolithique et les hommes se sédentarisent. Des monuments mégalithiques, sans doute en lien avec l’exploitation du sel,  attestent de cette présence.

De 2 500 à 1 600 av. J.-C.: le niveau de la mer s’abaisse. Un cordon vaseux se forme sur la rive droite de la Loire. En arrière de celui-ci, en Brière, désormais isolée de la mer, une forêt de chênes s’installe à nouveau. Puis les eaux douces, en provenance du bassin versant du Brivet envahissent progressivement la dépression et une zone humide s’installe d’où seules émergent des îles.
Les chênes disparaissent – leurs troncs fossilisés, les mortas, en sont les témoins.
Ils sont remplacés, entre 2300 et 2000 av. J.-C., par des aulnes, des bouleaux, des saules et bientôt par la roselière et des plantes palustres. À l’abri de l’air, en milieu saturé en eau, en raison de la lente décomposition des végétaux par des micro-organismes, la tourbe, d’abord brune, se forme entre 2 300 et 1 600 av. J.-C. Les hommes quittent alors un territoire devenu inhospitalier. En avant du coteau de Guérande, se forment des flèches de sable formant un tombolo semi-double enserrant un marais maritime.

À partir de 1 600 av. J.-C.: en Brière, la tourbe noire commence à se former. Aux alentours, le développement de l’agriculture conduit à des défrichements qui s’accompagnent d’un recul de la forêt et de l’extension des landes à bruyères. Le niveau de la mer s’abaisse, puis remonte au début de l’âge du fer (700 av. J.-C.) pour s’établir à la fin de la période gallo-romain à un niveau qui resté stable jusqu’à nos jours comme l’atteste le fonctionnement continu des marais salants depuis cette époque.

 

Pour en savoir plus:
– Sellier, Dominique, « Relief et patrimoine géomorphologique du Pays de Guérande », Les cahiers du Pays de Guérande, n° 46, 2007, p. 39-61, avec bibliographie.
– Cassen, Serge, « Préhistoire entre Loire et Vilaine : tendances actuelles de l’enregistrement et nouvelles visées de l’interprétation », Les cahiers du Pays de Guérande, n° 44, 2004, p. 4-14, avec bibliographie.
– Visset, Lionel, 8000 ans en Brière, Rennes, Éd. Ouest-France, 1990.