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Le bassin versant du Mès

L’homme a su s’adapter à ces paysages changeants qui se trouvent sur le bassin du Mès. Ainsi sur les eaux douces il y pratique l’élevage, sur les zones salicole, l’exploitation du sel…

Le bassin versant du Mès s’étend sur 11360 ha dont environ 650 ha de zones humides sous influence marine.

Situé au Nord-Ouest du territoire du Parc, le bassin versant du Mès est caractérisé par une remarquable diversité paysagère. Le Mès, petit fleuve côtier de 15 kilomètres, prend sa source sur la commune de Guérande et traverse des zones inondables qui, de l’amont vers l’aval, sont marquées par des successions végétales établies selon la salinité.

Cette ancienne vallée comblée par des sédiments marins s’ouvre à l’ouest dans l’Océan Atlantique, entre la Pointe de Merquel (commune de Mesquer) et celle de Pen-Bé (commune d’Assérac). A proximité de la Baie de Pont-Mahé s’étend une zone intertidale constituée par les traicts de Pen-Bé au nord et de Rostu au sud, soit au total 263 hectares de vasières exploités pour partie par l’homme.

 
A la belle saison, les paludiers collecte le sel dans les salines du Marais salants du Mès

P.Bonnet

 

Le marais maritime de Mesquer et l’exploitation du sel

Comme sur le bassin de Batz-Guérande, les schorres, espaces plats au sol imperméable mêlé d’un peu de sable, accessibles aux plus hautes mers et vidangés à marée basse ont été aménagés en marais salants. La faiblesse pluviométrique estivale, la durée de l’ensoleillement et la présence de vents réguliers, qui permettent à l’eau de s’évaporer et au sel de cristalliser, autorisent une méthode solaire de production du sel.

Commencé peut-être dès l’Antiquité tardive, l’aménagement, qui a été progressif et parfois en partie remis en cause par des périodes de crise, a fait surgir un paysage remarquable, modelé par une économie de l’eau qui en a fait un territoire « manufacturier », utilisant des savoir-faire permettant une productivité maximale, dont l’architecture est de terre.

Pour répondre à la demande croissante, la zone se spécialise dans la production du sel, ce qui, faute de place, se fait au détriment du secteur vivrier: le sel produit est avant tout destiné à la vente et en particulier à l’exportation. Le bassin salicole de Merquer (Merquer/Saint-Molf/Assérac/Pénestin) a été mis en place plus tardivement que celui de Batz-Guérande. Moins étendu, sa production est moindre et moins tournée vers l’exportation.

La mise en valeur des salines exigent exige une importante main-d’œuvre. Les densités humaines sont fortes et l’habitat se regroupe en villages au plus près des marais dans des zones insubmersibles. Au cours de l’Ancien Régime, avec retard par rapport au bassin salicole de Batz-Guérande et moins largement, l’habitat « paludier » se transforme en faisant appel à usage de la pierre et de l’ardoise (au détriment du chaume).

 

Pour en savoir plus

BURON, Gildas, Hommes du sel. Bretagne des marais salants, 2 vol., Morlaix, Skol Vreizh, t. I, 2 000 ans d’histoire, 1999, t. II, Hommes du sel, 2000.