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8 – Pour que les toits durent !

De quoi dépend la durabilité des couvertures en chaume ?

Contexte & problematique

A partir des années 2000, des dégradations anormales des couvertures en chaume en Brière sont observées : les toitures dont la durée de vie est de 35 ans en moyenne commencent à se dégrader prématurément entre 2 et 10 ans, que ce soit sur une petite zone ou un pan entier. Ce phénomène est également constaté à l’échelle nationale et internationale.

La question est alors de savoir ce qui cause ces dégradations, quels organismes en sont à l’origine et pourquoi car cela impacte l’ensemble des acteurs de la filière : coupeurs, couvreurs en chaume, collectivités territoriales et propriétaires. Ces dégradations entraînent une dévaluation du prix des chaumières, un surcoût dans l’entretien et les réparations. Elles menacent aussi la conservation des patrimoines du Parc naturel régional de Brière et entraînent une diminution de l’attractivité du territoire. Cela pose la question des impacts environnementaux et humains, et des problèmes sanitaires qui lui sont liés.

Projet & actions

Afin de répondre à toutes ces attentes, un projet multi-partenarial et pluridisciplinaire est envisagé par le Parc à partir de 2016. Ainsi, professionnels de la filière, partenaires techniques et scientifiques, propriétaires et collectivités travaillent ensemble afin d’améliorer les pratiques au sein même de la filière, d’alimenter la recherche et de tester des solutions sur le territoire pour gérer au mieux la situation et retrouver la durabilité connue des toitures en chaume.

En 2017-2018, une phase exploratoire est mise en place pour poser les bases du problème et mobiliser les différents acteurs, mettre en place un programme d’action avec des partenaires scientifiques et techniques et la filière chaume. Dans le même temps, l’Association des Propriétaires de Chaumière en Brière voit le jour et des perspectives de coopération se développent. A la fin de l’année 2018, le Parc crée un poste pour coordonner ces actions et acteurs.

L’année 2018-2019 voit le déroulement des premières analyses, qui permettent d’identifier des champignons et des cyanobactéries comme responsables des dégradations prématurées ; et les premières expérimentations. C’est aussi durant cette année que des échanges européens sont organisés. En 2019-2020, le projet s’intéresse davantage à l’humidité des toitures qui favorise le développement des organismes. L’élaboration de règles professionnelles et de critères de qualité du roseau se mettent en place, ainsi que des réflexions de soutien aux propriétaires de chaumière.

Aujourd’hui, nous savons que les dégradations prématurées des toitures en chaume sont le résultat de la combinaison de plusieurs facteurs qui influence l’humidité et la température de la couverture, paramètres clés pour le développement des champignons. En prêtant attention à la qualité du roseau, à la configuration de la couverture et à son entretien, il est  possible de limiter les risques.

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