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Bilan 2013 - 2018 : Gestion expérimentale de la Jussie par envois d'eau salée

Depuis 2013, le Syndicat du Bassin Versant du Brivet (SBVB) est engagé dans une expérimentation visant à freiner la progression de la Jussie, plante exotique envahissante, par des envois d'eau saumâtre depuis l'estuaire de la Loire vers le secteur des marais de la Taillée et ceux du Priory. Ces deux secteurs sont isolés du reste des marais et gérés par une gestion spécifique des ouvrages hydrauliques. Cette étude menée sur 5 ans est désormais accessible dans un document qui précise le contexte de l'expérimentation, retrace la chronique des opérations de gestion menées par le Syndicat du Bassin Versant du Brivet et fait état des observations du Parc naturel régional de Brière et de ses partenaires scientifiques.

Triennal

2018-2021

Communes

Besné, Crossac, Donges, Herbignac, La Chapelle-des-Marais, Montoir-de-Bretagne, Prinquiau, Saint-André-des-Eaux, Saint-Joachim, Saint-Lyphard, Saint-Malo-de-Guersac, Saint-Nazaire

Voici les tendances observées qui peuvent brièvement se résumer comme suit :

Les suivis réalisés sur la Jussie montrent un impact important de cette gestion sur la plante. Après plusieurs semaines d'exposition, elle subit un stress lié au sel, jusqu'à constater une mortalité de plants. La Jussie revient cependant au printemps suivant, avant les envois d'eau salée, mais avec des quantités beaucoup plus faibles. Un impact semblable est aussi noté sur le Myriophylle du Brésil, autre plante invasive.

Concernant le reste de la flore, on constate une augmentation des plantes tolérant le sel, quant à la richesse spécifique, elle se maintient. Nous préciserons que la végétation de ces secteurs ont connu par le passé des remontées d'eau salée, elle est finalement assez peu sensible à cette gestion.

Le constat pour la faune piscicole est quant à lui très différent. Les envois d'eau salée impactent fortement et de manière négative les espèces d'eau douces, même si le peuplement était initialement peu diversifié, avec une forte présence d'espèces exotiques. Des mortalités parfois importantes ont été constatées, d'où la mise en place de pêches de sauvegarde par le Syndicat du Bassin Versant du Brivet (SBVB). La gestion ne profite pas non plus aux poissons estuariens ou marins, qui auraient pu réinvestir cette portion de marais.

Pour les invertébrés, la gestion engendre une diminution de la richesse spécifique. Des disparitions d'insectes et de mollusques aquatiques sont observées avec les phases salées. L'écrevisse de Louisiane est très impactée par les envois, et voit ses populations chuter fortement.

Quelques nouvelles espèces typiques de l'estuaire de la Loire apparaissent : coquillages, crevettes, crabes, méduses. Certaines de ces espèces sont des exotiques.

D'année en année, le SBVB a adapté les modalités de gestion pour assurer une meilleure progressivité des apports d'eau salée afin de s'adapter aux contraintes locales et de limiter les mortalités piscicoles.

L'effet de cette gestion sur la Jussie est réel comme sur l'ensemble de l'écosystème. Si certaines espèces historiquement présentes sont réapparues, d'autres n'ont pas regagné ces territoires... Le SBVB, gestionnaire, poursuit ses efforts pour une restauration des écosystèmes, notamment pour le retour des poissons d'estuaire tout en surveillant l'arrivée de nouvelles exotiques.

Cette opération et les suivis qui l'ont accompagnée, ont été primés en 2020 à l'occasion des quatrièmes assises nationales de la Biodiversité par l'obtention du Prix National du Génie Écologique, pour la catégorie "gestion des espèces envahissantes". Ce prix, organisé par les Acteurs de l'Ingénierie et du Génie Écologique et par l’Office Français de la Biodiversité (OFB), en partenariat avec le Ministère de la Transition Écologique et Solidaire et le Forum des Marais Atlantiques, récompense des projets exemplaires en matière de Génie écologique.

Ce document est une synthèse des rapports scientifiques réalisés par Agro Campus Ouest, la Fédération départementale de pêche, l'INRA, le laboratoire d'hydrobiologie de la DREAL et l'Université de Rennes, qui ont été missionnés entre 2013 et 2018 pour évaluer les impacts de la gestion.

Pour aller plus loin : les rapports scientifiques sont disponibles au centre de ressources Augustin Vince, au 214 rue du chef de l'île à Fédrun, 02 40 91 68 68

En savoir plus

Technicien :

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Ludovic Da Silva

Technicien agro-environnement

J'accompagne les porteurs de projets Natura 2000 ainsi que les agriculteurs engagés dans les contrats agro-environnementaux appelés MAEC. En parallèle, ma mission comprend aussi un appui aux agriculteurs sur le déploiement de gestions adaptées et d'actions de lutte contre le développement de la Jussie. 

Référent :

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Jean-Patrice DAMIEN

Responsable du service Biodiversité et changements globaux

A l’interface entre l’expertise scientifique et la gestion des écosystèmes, je rassemble les personnes ressources sur deux thématiques à forts enjeux local : la préservation du patrimoine piscicole et la gestion des espèces exotiques envahissantes. Je développe des programmes de recherche appliquée à la gestion, pilote des suivis biologiques puis transmets les acquis et soutien les gestionnaires pour la réalisation de leur intervention. Innover et comprendre pour mieux préserver les zones humides, leur biodiversité et l’attrait collectif que nous leur portons mobilise mon implication au sein du Parc et de ses habitants.

Bilan 2013 - 2018 : Gestion expérimentale de la Jussie par envois d'eau saléeBilan 2013 - 2018 : Gestion expérimentale de la Jussie par envois d'eau saléeBilan 2013 - 2018 : Gestion expérimentale de la Jussie par envois d'eau salée
2013-2018 Bilan de la Gestion expérimentale d'envois d'eau salée

Après plusieurs semaines d'exposition, la jussie subit un stress lié au sel, jusqu'à constater une mortalité de plants. Elle revient cependant au printemps suivant, avant les envois d'eau salée, mais avec des quantités beaucoup plus faibles. Un impact semblable est aussi noté sur le Myriophylle du Brésil, autre plante invasive. Une étude a été menée sur le territoire du Parc naturel pour mesurer l'impact d'envois d'eau salée sur cette plante invasive