Rendez-vous en terre crue

En 2018, le Parc naturel régional de Brière est devenu partenaire du collectif Terre Crue Presqu’île afin d’encourager et d’accompagner la construction en terre crue dans la presqu’île de Guérande. Ce matériau naturel, utilisé depuis la nuit des temps, possède, en effet, de nombreux avantages !

« Artisans, architectes, ingénieurs, maîtres d’œuvre, enseignants, étudiants, chercheurs ou auto-constructeurs : le collectif Terre Crue Presqu’île regroupe des professionnels locaux, tous passionnés par la construction en terre », explique Marta Miranda Santos, maître d’œuvre et membre du collectif. Terre Crue Presqu’île organise plusieurs activités dans la presqu’île guérandaise pour promouvoir la terre comme matériau de construction local et durable : des animations scolaires ou tous publics, des ateliers de sensibilisation, des conférences, des stages et des formations pour ceux qui souhaitent découvrir et s’approprier les différentes techniques de construction, ainsi que l’utilisation d’enduits et de peintures naturelles. « En 2016, nous avons aussi commencé un recensement du patrimoine en terre dans la presqu’île de Guérande, en collaboration avec le Parc naturel régional de Brière et l’IUT de Saint-Nazaire. Mais nous avons été malheureusement stoppés par la crise sanitaire, précise Marta Miranda Santos. Par ailleurs, nous accompagnons également les collectivités dans la mise en place de stratégies de réutilisation de la terre. » Oui, parce que la terre, matériau de construction écologique et durable, est directement disponible sous nos pieds !

©TerrecruePresqu’ile

Sous nos pieds

« La terre possède, en effet, de nombreux avantages. D’abord, son impact sur l’environnement est faible : c’est une matière première locale que l’on n’a pas ou peu besoin de transporter (en général, sur un chantier ou un site en construction environnant à moins de 10 km). On peut bien sûr aussi utiliser et valoriser la terre des chantiers, issue des travaux d’excavations », commente Marta Miranda Santos. À sa grande disponibilité et son faible coût vient s’ajouter la logique de territoire dans laquelle ce mode de construction s’inscrit : « Les techniques de construction sont différentes d’une région à l’autre car toujours adaptées au territoire, au climat, aux ressources et au savoir-faire local. Par exemple, le pisé est typique de la région lyonnaise alors qu’en presqu’île, on trouve plutôt de la bauge, du torchis, des quenouilles, du mortier, des enduits ou encore des cabanes de paludiers. Aujourd’hui, on utilise aussi des briques d’adobe et de la terre allégée avec de la fibre ». Enfin, dernier atout : sa dimension socio-économique puisque son utilisation développe l’emploi local et engendre des interactions entre différents corps de métiers, par exemple, avec le savoir-faire chaumier.

 

 

 

©TerreCrue Presqu’ile

 Économie circulaire et durabilité

Le Parc naturel régional de Brière souhaite encourager l’économie circulaire ainsi que des modes de construction plus durables. C’est pourquoi soutenir le collectif Terre Crue Presqu’île est apparu comme une évidence. « Comment se traduit notre partenariat ? Nous leur mettons à disposition des salles de réunion, nous les valorisons dans nos communications, nous les faisons intervenir lors d’événements, comme la Fête du Parc, nous les mettons en relation avec d’autres acteurs locaux et nous leur apportons parfois un appui technique », explique Anne Brasselet, chargée de mission préservation et valorisation du patrimoine des chaumières et de sa filière économique au sein du Parc. Depuis 2020, le Parc naturel régional de Brière fait même partie, avec le collectif Terre Crue Presqu’île, d’un consortium baptisé « La Fabrique Terre » qui s’est constitué pour répondre à un appel à projets lancé par la Région Pays de la Loire. L’objectif ? Réutiliser les terres de remblais d’un écoquartier à Guérande pour fabriquer des briques de terre crue et utiliser celles-ci sur place pour la construction. Et la boucle serait bouclée !

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