Chaume, vers des solutions ?

Fin 2016, le Parc Naturel Régional de Brière a engagé un programme d’actions pour mieux comprendre la dégradation prématurée des toits en chaume sur son territoire. Tout récemment, le programme d’actions a été adapté pour tenir compte des derniers éléments scientifiques.

Toits de chaume dégradés : de nouvelles actions

Au début des années 2000, quelques cas de dégradation prématurée de toits en chaume sont constatés en Brière. En cause, la multiplication de champignons et de cyanobactéries. Une dizaine d’années plus tard, ces dégradations se multiplient et, fin 2016, un premier comité stratégique, organisé par le Parc Naturel Régional de Brière, se réunit.

Une mobilisation collective

Conscients de l’enjeu patrimonial autour de ces chaumières, éléments majeurs de l’identité de la Brière, élus, propriétaires, artisans-chaumiers et agents du Parc se sont retrouvés plusieurs fois. Ensemble, ils ont appris à mieux connaître la filière, du coupeur jusqu’au propriétaire. Des études bibliographiques et des enquêtes terrain ont également permis de poser des hypothèses autour de l’origine de ces dégradations. Parallèlement, des chercheurs de plusieurs laboratoires (les universités de Caen et Rennes, l’École Supérieure du Bois et le centre technique du bois FCBA) ont été mis à contribution pour effectuer des analyses fongiques, chimiques et physiques

La recherche des causes s’accélère

Fin 2018, avec le recrutement d’Anne Brasselet, dédiée à 100 % à la filière chaume, le Parc montre sa volonté de s’attaquer pleinement à la problématique. Des expérimentations sur le terrain sont lancées, n’hésitant pas à mettre en œuvre les technologies les plus modernes comme cette toiture de chaume connectée (La Catiche, à Kerhinet) ou encore l’idée de développer une caméra thermique embarquée sur drone.En six mois, les rencontres avec l’Association des Propriétaires de Chaumières en Brière, l’État, la Fondation du patrimoine se sont multipliées. Jusqu’à la rencontre européenne des chaumiers en Angleterre et aux Pays-Bas, en mars 2019. Sur place, experts et scientifiques ont apporté de précieux éclairages, avec un recul de 20 ans de recherches menées sur des problématiques similaires. La qualité des roseaux utilisés serait en cause (teneur en sel, hauteur de coupe, diamètre, etc.). D’autres facteurs, comme la pose, l’ensoleillement, la pente du toit ou l’entretien de la toiture, seraient tout aussi déterminants dans la prolifération des champignons.

Un ambitieux programme d’actions en cours

Fort des enseignements récoltés durant ces deux voyages d’études en Angleterre et aux Pays-Bas, le comité stratégique vient de fixer une nouvelle feuille de route pour les mois à venir. Une analyse de la qualité des roseaux utilisés sera réalisée, des ouvrages scientifiques seront traduits et des règles professionnelles seront élaborées avec la filière… Des actions seront également menées pour travailler main dans la main avec les artisans-chaumiers, dont certains ont adhéré l’Association Nationale des Couvreurs Chaumiers.

Un projet collectif de préservation des chaumières
Face à l’accélération des dégradations prématurées des couvertures en chaume, le syndicat mixte du Parc naturel régional de Brière, les collectivités, les habitants et les chaumiers ont engagé un projet pour comprendre le phénomène et trouver des solutions pérennes.
En savoir plus