/ Le Parc/Un projet partagé/Des outils de médiation/Grand ménage dans les archives du Parc

Grand ménage dans les archives du Parc

Pour la première fois de son histoire, le Parc naturel régional de Brière a entrepris, à la fin de l’année 2017, de trier et de classer les archives accumulées, au fil des décennies, à l’étage de la Maison du Parc, sur l’île de Fédrun, à Saint-Joachim. Un chantier dépoussiérant mené avec brio !

Ça déborde ! Fin 2017, Nadia Leconte, responsable du Centre de documentation du Parc, situé dans la Maison du Parc, se rend à l’évidence : il est temps de trier les archives du Parc naturel régional de Brière (188 mètres linéaires en tout), les 20 m2 du local dédié ne suffisent plus ! Avec le soutien de la direction, elle fait alors appel aux services de Carole Thuilière, archiviste indépendante, dont la mission se prolongera jusqu’au printemps 2022.

Carole, archiviste indépendante travaille pour mettre à jour les archives du Parc.

Trier… et éliminer !

Le local d’archives regroupe des documents qui datent de 1968-1969 – un peu avant la création du Parc en 1970 – jusqu’à nos jours. Malheureusement, une partie des archives des années 1970, 1980 et 1990 a brûlé lors de l’incendie qui a touché la Maison du Parc en 2000… Mais, globalement, « les documents ont été plutôt bien classés et conservés. Mon rôle consiste à ouvrir les boîtes d’archives, à trier les documents à l’intérieur et à les reclasser selon les quatre grands pôles que nous avons prédéfinis : administration, biodiversité, vie locale et service technique », explique Carole Thuilière. Trier, c’est aussi savoir faire du vide. Au passage, l’archiviste élimine tout ce qu’il n’est plus nécessaire de conserver : brouillons, doublons, documents administratifs qui n’ont plus de valeur légale… L’association Les Papiers de l’Espoir, basée à Vertou, est venue quatre fois (une fois par an) récupérer les archives obsolètes. À chaque fois, elle a enlevé entre 500 kg et 1 tonne de papier ! « Souvent, quand on procède au classement d’un fonds contemporain, à la fin, il ne reste plus qu’1/3 des archives. Les 2/3 partent à la benne, précise Carole Thuilière. Aujourd’hui, sur les 130 mètres linéaires d’archives du Parc déjà traitées, seulement 45 mètres linéaires ont été gardés. »

Un ménage très réglementé

« Mais attention, c’est très méthodique et très encadré, explique Nadia Leconte. Carole trie les documents en suivant les directives du service des Archives de France. Et elle dresse l’inventaire de toutes les archives conservées du Parc dans un tableau Excel. » Autre contrainte : en matière d’archives publiques, on ne jette pas ce qu’on veut ! L’archiviste est obligée de remplir au préalable des bordereaux d’élimination qui sont ensuite validés par les Archives départementales de Loire-Atlantique, à Nantes. « En revanche, il y a d’autres documents qui ne seront jamais jetés comme les chartes ou les comptes rendus de réunion. Les archives publiques sont inaliénables, imprescriptibles et insaisissables, ajoute Carole Thuilière. Une fois que c’est entré dans les fonds ou archives définitives, ça ne bouge plus, on sait que c’est préservé pour toujours. »

 Question de patrimoine

« Bien sûr, nous avons été poussés à mener ce chantier à cause du manque de place, mais trier les archives du Parc, c’est aussi l’occasion d’exhumer des trésors et de valoriser l’histoire du Parc qui constitue en elle-même une forme de patrimoine », poursuit Nadia Leconte. L’archiviste trie, en effet, les documents papier mais aussi tous les éléments iconographiques qu’elle retrouve : affiches, photos, cartes postales, diapos, ektas… et qu’elle replace consciencieusement dans des pochettes de conditionnement achetées à cet effet. Au total, le Parc conserve environ 7 000 photos, 8 000 diapos, 150 affiches et une centaine d’ektas ! Cette année, en 2021, un portail documentaire devrait voir le jour. Il permettra de valoriser toutes ces ressources en ligne : à la fois la liste des documents archivés et l’iconographie. Parce que, selon Carole Thuilière, le but ultime de son métier est de « rendre les choses claires et accessibles afin que toutes et tous, habitants, collègues et chercheurs, s’approprient leur patrimoine ! ». Alors restez connectés !