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L’écrevisse Rouge de Louisiane: une espèce exotique envahissante

Le territoire de Brière est l’un des tous premiers espaces naturels colonisés par l’espèce en France. Il a largement contribué à améliorer les connaissances sur l’espèce, ses impacts et sa gestion. Après s’être interrogé un temps sur la valorisation de l’espèce, le syndicat mixte du Parc naturel régional soutien l’expertise scientifique pour aider les gestionnaires.

Une invasion qui a débuté depuis 3 décennies

L’écrevisse rouge de Louisiane est originaire du Sud-Est des Etats-Unis. Elle a été exploitée dans de nombreux pays essentiellement pour son élevage, puis s’est répandue dans les espaces naturels. Elle est considérée faisant partie des 100 espèces exotiques envahissantes parmi les plus néfastes au monde, https://www.iucn.org/fr/content/100-especes-exotiques-envahissantes-parmi-les-plus-nefastes-au-monde-une-selection-de-la-global-invasive-species-database

Les premières captures d’écrevisse de Louisiane ont eu lieu à l’Ouest de la Grande Brière Mottière en 1987-1988. Leur introduction involontaire dans ce marais est non documentée mais souvent associée à un essai d’élevage à proximité.
Dès lors, L’écrevisse de Louisiane s’est répandue spontanément à travers les marais de Brière et du Brivet pour les coloniser en totalité à la fin des années 1990s. Elle y a véritablement proliférée à partir des années 2000 et est signalée dans les marais du Mès en 2003.
Les premières captures ont suscité la curiosité et l’intérêt des pêcheurs qui jusqu’alors ne connaissaient pas d’écrevisses dans les marais. Rapidement, avec l’explosion des populations une perception négative de l’espèce s’est répandue. En effet, avant sa prolifération, chaque été les plans d’eau briérons, piardes et copis, se couvraient d’herbiers aquatiques étendus, abritant grenouilles verte, poissons, insectes aquatiques et attiraient canards, hérons.

En consommant les herbiers aquatiques, les innombrables écrevisses de Louisiane les ont fait disparaître et ont déséquilibré les écosystèmes aquatiques des marais. Il est vrai, que dans le même temps elle est devenue une proie abondante, majoritaire, pour les poissons et de nombreuses espèces comme le Héron, la Loutre, la Guifette ou la Cigogne. Ces constats, ne sont pas spécifiques à la Brière et sont également réalisés dans des espaces naturels similaires en France et en Europe.

La brière un territoire d’expertise

Quoi qu’il en soit les marais, et surtout leurs écosystèmes aquatiques ont profondément et durablement changés depuis les années 2000. Si les marais abritent encore une biodiversité et des populations remarquables, beaucoup sont nostalgiques du foisonnement de vie qui régnait sous la surface de l’eau.

Pêche de l’Ecrevisse de Louisiane

La pêche de l’écrevisse de Louisiane est autorisée. Cependant, cette espèce étant considérée comme pouvant créer des déséquilibres biologiques, son introduction est interdite en milieu naturel (article R 432-5 du Code de l’Environnement) et son transport vivant et sa commercialisation sont soumis à autorisation (arrêté du 21 juillet 1983).

Pour en savoir plus :  CSGBM  ou  FDP 44

Première impactée par ce phénomène, la Brière a largement contribué à améliorer les connaissances sur l’espèce, ses impacts et sa gestion. Aujourd’hui, après s’être interrogé un temps sur la valorisation de l’espèce, le syndicat mixte du Parc naturel régional poursuit son soutien à l’expertise scientifique pour aider les gestionnaires.

S’il n’a pu que constater la disparition des herbiers, il a accueilli des études essentielles pour comprendre la réorganisation des chaines alimentaires dans les milieux aquatiques, développer des outils de suivis de l’espèce et évaluer dès sa gestion par la pêche, la prédation de l’anguille ou l’envoi d’eau salée. Dernièrement, l’investigation s’est plus particulièrement portée sur ses capacités de coloniser les mares qui, bonne nouvelle résistent et demeurent, dans leur majorité, des réservoirs de biodiversités aquatiques pour le territoire. 

Les plans d’eau avant et après la prolifération de l’écrevisse : sans commentaire….

QUELQUES chiffres clés

  • 0% de recouvrement par Hydrophytes fixées depuis 1999 (Bernard)
  • 17 espèces végétales aquatiques de disparues, 16 extrêmement, raréfiées-4 indéterminées 3 se maintiennent (Azolla, Ludwigia, callitriche). Observations Bernard-Damien 2005-2007
  • 2006 : Dernière station de nénuphar blanc observée dans les marais  au Trou Vasou
  • 0 Grand Coléoptère aquatique en marais  (Dytique et Hydrophile) en 2005 – source Gretia

En 2003, Xavier Moyon, confirme l’impact très négatif le l’Ecrevisse de Louisiane sur le développement des herbiers aquatiques.L’Anguille est un prédateur très efficace de l’écrevisse, capable de contribuer significativement à sa régulation à condition que ses effectifs soient suffisants. Les grands échassiers profitent de l’abondance.

Pour en savoir plus sur l’écrevisse de Louisiane et sa gestion :

Lien vers le centre de ressource du Parc

http://especes-exotiques-envahissantes.fr/espece/procambarus-clarkii/

https://professionnels.ofb.fr/fr/doc-rencontres-synthese/invasions-decrevisses-exotiques-impacts-ecologiques-pistes-gestion

 

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