Né à Saint-Nazaire, Jean-Charles Albert a grandi sur l’île de Fédrun, à Saint-Joachim. Après des études d’ingénieur à Nancy, puis plusieurs années passées à Paris et à Aix-en-Provence au sein de GRDF, un désir ancien a fini par s’imposer : revenir vivre en Brière.

« Quand j’étais dans le sud, j’ai vraiment pris conscience que la Brière était loin. Elle me manquait énormément », déclare le fondateur d’Entre Sel et Tourbe.« Depuis la fin de mes études, j’avais toujours eu ce projet : autour de 40 ans, faire ce que j’avais envie de faire, vivre avec la nature, vivre avec mes passions ». En 2018, avec son épouse Floriane et leurs deux enfants, la famille retrouve le chemin du territoire. Leur point de chute : une chaumière à Saint-Lyphard, au bord du marais.
Une chaumière ouverte sur le marais
Le lieu est immédiatement apparu comme une évidence. La maison répond alors à tous leurs critères : proximité du marais, ouverture vers la côte, espace pour accueillir un projet de vie et d’activité. « Nous sommes tombés sur cette maison un peu plus tôt que ce qui était prévu, mais nous nous sommes dit que c’était un signe. Jamais on ne trouverait mieux. Le marais est juste devant la maison. C’est vraiment un petit coin de paradis ! » Sur la propriété, une ancienne chaumière attend d’être réhabilitée. La toiture en chaume est refaite en 2019, puis l’intérieur entièrement rénové. En 2022, elle ouvre ses portes sous forme de gîte. Aujourd’hui, cette chaumière accueille de six à huit personnes, pour un séjour de deux nuits minimum.

Cueillir, cuisiner, partager
Autour du gîte s’est progressivement construit le projet d’Entre Sel et Tourbe. Le nom résume à lui seul l’esprit de la démarche : relier le littoral et le marais, la cuisine et le territoire, la nature et les saisons. Une extension de la maison accueille désormais des ateliers cuisine pour particuliers ou petits groupes. Le principe : partir dans la nature, apprendre à reconnaître les ressources comestibles du moment — plantes sauvages, fleurs, baies, parfois algues — puis cuisiner ensemble ce qui a été cueilli. Ces ateliers se vivent toute l’année, car la nature offre ses ressources en toute saison. «Entre Sel et Tourbe, c’est l’art de vivre avec la nature au fil des saisons. Nous attachons beaucoup d’importance à cette notion de saisonnalité, au fait d’apprendre à vivre avec ce que l’on a autour de nous. C’est devenu notre principe de vie ».
Faire vivre le territoire au quotidien
Cette philosophie se prolonge bien au-delà des ateliers. « J’ai grandi avec des Briérons qui me racontaient les histoires des anciens. Cette vie dans le marais, presque en autarcie, m’a toujours fait rêver. À partir du moment où je suis dans le marais, je me sens bien. »
Potager nourricier, élevage domestique, pêche, cueillette… Mais la famille s’appuie aussi sur les producteurs du territoire. Crème fraîche et fromages à la ferme de Mézérac, pain acheté à Saint-Lyphard… Ici, le local n’est pas un argument de communication, mais une manière concrète d’habiter le territoire. Cette démarche trouve naturellement écho dans la marque Valeurs Parc, qui valorise l’ancrage local, le respect des ressources et la coopération avec les acteurs du territoire. « Pour moi, en tant que Briéron attaché au territoire, c’est assez naturel d’aller vers le Parc. Tant qu’on reste dans ces valeurs de protection du patrimoine et de la biodiversité, c’est naturel d’y adhérer ».