Mortalité des oiseaux en Brière : un bilan qui souligne la nécessité d’une réponse collective

Face à l’épisode de mortalité d’oiseaux observé cet été et pour la deuxième année consécutive, le Parc naturel régional de Brière a pris part au dispositif de veille, de coordination et de suivi des opérations, aux côtés de ses partenaires. Cette mobilisation collective rappelle à la fois l’importance de la complémentarité des acteurs et les limites des moyens dont chacun dispose face à un phénomène qui touche un territoire aussi vaste.

« Nous considérons malheureusement que la Brière peut désormais être régulièrement touchée par ce type de crise», indique Éric Provost, président du Parc. L’enjeu est donc de mieux comprendre les facteurs de déclenchement et d’adapter localement les moyens de surveillance, de prévention et d’intervention. Pour cela, le Parc travaille avec ses réseaux locaux et nationaux, d’autres territoires étant également confrontés à ce phénomène.

Le rôle du Parc : surveiller, coordonner et agir dans son champ de compétences

Dans ce nouvel épisode, le Parc a contribué à plusieurs missions : la veille pour détecter au plus vite les premiers cas, la coordination entre les acteurs et le suivi des opérations de lutte et de collecte.

Face à l’étendue du territoire, les moyens humains disponibles ne permettent pas d’assurer une collecte systématique sur l’ensemble des 20 000 hectares de zones humides. Les interventions ont donc été prioritairement concentrées sur les secteurs présentant les enjeux les plus importants.

Une attention particulière a notamment été portée  sur les 836ha de la Réserve naturelle régionale des Marais de Brière, qui constitue une zone de quiétude et de concentration importante pour les oiseaux. C’est un secteur particulièrement sensible lors d’un tel épisode sanitaire.

Dès le mois de juin, une surveillance partagée entre le Parc et la Commission syndicale de Grande Brière Mottière a été mise en place, avec deux à trois sorties par semaine sur la réserve. Les premières fortes chaleurs et les premières mortalités ont été constatées autour du 24 juin. Les opérations de collecte ont alors débuté.

Avec l’augmentation des mortalités, le dispositif a été renforcé au cours de l’été grâce à la mobilisation de saisonniers du Syndicat du bassin versant du Brivet soutenue financièrement par la Région des Pays de la Loire dans le cadre du plan de gestion de la Réserve naturelle régionale des Marais de Brière. Courant Août, un agent technique de la commune de La Baule-Escoublac, habitué du marais, a été mis à disposition de l’équipe pour intensifier la collecte.

Au total, 1 932 oiseaux ont été collectés entre juin et septembre sur la réserve et ses abords proches. Parmi eux, 126 oiseaux vivants ont été acheminés à la Clinique des remparts de Guérande pour une prise en charge d’urgence.   

Une mobilisation importante, mais un territoire qui impose des choix

Sur les 1 932 oiseaux collectés, 1 511 l’ont été sur la réserve elle-même, principalement dans sa partie sud. Le Canard colvert représente 45 % des oiseaux collectés, devant la Mouette rieuse (30 %), la Foulque (6 %) et la Spatule (3,5 %).

Le pic de collecte a été atteint le 10 août, avec 220 oiseaux récupérés en une seule journée. Entre le 10 et le 17 août, 700 oiseaux ont été pris en charge.

Du côté du Parc, douze agents ont participé à la surveillance, dont quatre à cinq particulièrement mobilisés. Au total, plus de 300 heures de travail ont été consacrées sur le terrain à cet épisode, en dehors des missions habituelles des agents.

Ces chiffres témoignent de la mobilisation des équipes, mais ils permettent aussi de mesurer une réalité : les capacités d’intervention restent nécessairement limitées face à l’échelle du territoire.

« Nous n’aurons jamais les moyens humains pour procéder aux collectes sur les 20 000 ha de zones humides », rappelle le Parc.

Cette réalité conduit à cibler les interventions et à s’appuyer sur les moyens disponibles auprès des différents acteurs dont des bénévoles qui ont également menés des opérations de collecte.

Une réponse qui doit rester collective

Le rôle du Parc n’est pas de se substituer aux autres acteurs ni de répondre seul à toutes les situations. Il est d’intervenir dans son champ de compétences, de mobiliser ses moyens et de contribuer, avec ses partenaires, à la réponse apportée sur le territoire.

Cette complémentarité devra encore être renforcée à l’avenir. La Brière est confrontée à des facteurs de pression multiples. Cette année, le territoire a également connu de fortes mortalités piscicoles, notamment dans un contexte de températures élevées et de salinité excessive de l’eau.

« Le Parc doit prendre sa part, et il prend sa part. Mais il ne peut pas être la réponse à lui seul à toutes les difficultés que rencontre la Brière. Notre territoire fonctionne avec une multiplicité d’acteurs, de compétences et de responsabilités. C’est cette complémentarité qu’il faut faire fonctionner. » indique Eric Provost.

La capacité du territoire à faire face à ces crises repose ainsi sur l’action conjointe de ses structures publiques, de ses partenaires et, plus largement, sur la mobilisation de l’ensemble des acteurs concernés. C’est cette complémentarité de compétences, de moyens et de responsabilités qui permettra de construire une réponse à l’échelle de la Brière.

Votre navigateur est dépassé !

Mettez à jour votre navigateur pour voir ce site internet correctement. Mettre à jour mon navigateur

×