Couvreur-Chaumier : se former pour devenir artisan du patrimoine

Dès septembre 2026,une formation de Couvreur Chaumier va voir le jour à Saint-Brévin-les-Pins. Un cursus pensé pour former une nouvelle génération d’artisans capables de préserver et de réinventer un savoir-faire emblématique de la Brière.

« Le chaumier est un métier silencieux qui va faire parler de lui ! », annonce Anne Dedgjoni, directrice du BTP CFA Loire-Atlantique à Saint-Brévin (44). « À la croisée de plusieurs domaines: technique, manuel et patrimonial, il permet de travailler en extérieur au contact de matériaux naturels et de participer à la préservation de paysages uniques. La réalisation concrète de son travail est immédiate avec une dimension artisanale et artistique forte ».

Le chaume, une identité bien vivante en Brière

Le choix de Saint-Brévin-les-Pins pour accueillir cette formation ne doit rien au hasard. Le territoire bénéficie d’un ancrage fort dans les métiers du bâtiment, notamment en couverture et charpente, ainsi que d’un environnement propice au développement de la filière chaume.

« Suite à la rencontre d’acteurs incontournables de la filière chaume, tels que le parc naturel de Brière qui porte le projet BâtiRoseau, la CAPEB (Confédération des Artisans et des Petites Entreprises du Bâtiment) et l’ANCC (Association Nationale des Couvreurs Chaumiers), ouvrir cette formation ici, c’est répondre naturellement à un besoin concret de territoire avec l’appui d’un environnement pédagogique adapté et des professionnels engagés », explique Anne Dedgjoni.

Une filière qui recrute

Longtemps considéré comme confidentiel, le métier de chaumier connaît aujourd’hui un regain d’intérêt. Entre restauration du bâti ancien, développement des matériaux biosourcés et recherche de solutions constructives plus durables, les besoins augmentent fortement. « Il existe une demande croissante pour la restauration du bâti. Le manque de professionnels formés renforce les perspectives d’emplois », rappelle Anne Dedgjoni. Même constat du côté du Parc naturel régional de Brière, engagé depuis plusieurs années dans la structuration de la filière chaume et roseau à travers le projet BâtiRoseau. « Le secteur reste confronté à un nombre limité d’entreprises spécialisées, environ 80 à l’échelle nationale, ce qui renforce encore les débouchés pour les futurs diplômés », confirme Guillaume Deguilhem, coordinateur du projet. « Nous accompagnons le BTP CFA sur ce projet de nouvelle formation, notamment via la mise en contact avec les artisans. Nous avons un vrai intérêt à ce que cette formation ouvre et perdure ».

Entre tradition et innovation

Si le métier s’appuie sur des gestes ancestraux, il évolue également grâce à la recherche et à l’innovation, notamment sur de nouveaux usages du roseau, l’amélioration des performances thermiques des toitures ou encore les toitures chaume instrumentées permettant de mieux suivre le vieillissement des couvertures et leur comportement face aux conditions climatiques. « Le BTP CFA de Saint-Brévin entend pleinement participer à cette dynamique, en nous appuyant notamment sur notre réseau international ERASMUS+, en particulier avec le Danemark qui est une référence dans la formation, afin de contribuer à la structuration de la filière chaume », précise la directrice.

Légende photo : Au salon BIM World Paris Expo en avril 2026, une démonstration du métier par les couvreurs du CFA de Saint-Brévin/ copyright Quentin Duval

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