Recherche, structuration, exploration de nouveaux usages… : lancé en 2024, le projet BâtiRoseau, porté par le Parc naturel régional de Brière et ses partenaires, vise à faire franchir un cap à la filière du roseau en France.
Lauréat d’un appel à projets national
En mars 2023, le Parc naturel régional de Brière et ses partenaires ont répondu à un appel à projets lancé par l’Ademe (agence de la transition écologique), qui s’inscrivait alors pleinement dans la stratégie nationale du Gouvernement « Ville durable et bâtiments innovants ». L’ambition de cette stratégie est claire : soutenir l’émergence ainsi que la structuration de filières de matériaux biosourcés et durables (paille, chanvre, roseau…), appelées à jouer un rôle clé dans la construction. En mai 2024, le projet « BâtiRoseau » porté par le Parc naturel régional de Brière et ses partenaires est retenu.
Un consortium scientifique au service de la filière
Le projet BâtiRoseau repose, en effet, sur un partenariat étroit entre le Parc naturel régional de Brière et trois acteurs académiques :
- l’ÉcoleSupérieure du bois de Nantes ;
- l’Université de Caen Normandie ;
- l’Université de Rouen Normandie.
Ensemble, ils forment le cœur du consortium BâtiRoseau.
D’autres structures interviennent en appui, par exemple, pour des études ou des expérimentations :
- l’Association nationale des couvreurs chaumiers (ANCC) ;
- Karibati, coopérative spécialisée dans les matériaux biosourcés et géosourcés ;
- l’association régionale de promotion de l’écoconstruction (ARPE)en Normandie ;
- le Collectif Biosourcé des Pays de la Loire ;
- des architectes et des promoteurs ;
- des laboratoires d’essais et d’analyses accrédités Cofrac ;
- des experts de la filière du roseau ou des matériaux biosourcés.
Le Parc de Brière au cœur de la dynamique
Si le Parc naturel régional de Brière porte ce projet, ce n’est pas un hasard. En effet, depuis 2018, le Parc est engagé dans la préservation du patrimoine chaumier et dans l’accompagnement des professionnels :
- politique active de protection des chaumières depuis les années 1970 ;
- mobilisation des acteurs de la filière depuis 2016 : chaumiers, propriétaires, chercheurs…
- poste à temps plein dédié depuis 2018 ;
- écriture des règles professionnelles entre 2019 et 2022.
Cette expertise de terrain, couplée à un ancrage territorial fort, positionne le Parc naturel régional de Brière comme un acteur central de la filière du roseau à l’échelle nationale.
Quatre grands objectifs
Le projet BâtiRoseau s’articule autour de quatre objectifs principaux :
- valider les règles professionnelles afin de faciliter la prescription et l’assurabilité des ouvrages en chaume, en apportant un cadre technique reconnu ;
- mieux comprendre la durabilité du matériau : des travaux de recherche viseront à analyser les mécanismes de dégradation (notamment fongique) pour améliorer les pratiques et la longévité des toitures en chaume ;
- développer de nouveaux usages du roseau : au-delà de la couverture, il s’agira d’explorer d’autres applications de ce matériau (transformation en panneaux d’isolation, en briques, en torchis…) dans une logique d’économie circulaire, et de valoriser les coupes d’entretien des roselières ;
- structurer la filière à l’échelle nationale : en favorisant la coordination entre les différents acteurs : gestionnaires de roselières (gestionnaires d’espaces protégés comme les Conservatoires du littoral, les Parcs naturels régionaux…), coupeurs de roseau, chaumiers, architectes, chercheurs, organismes de formation.
Une démarche ouverte
À terme, le projet BâtiRoseau ambitionne donc de faire du roseau un matériau pleinement intégré dans les solutions de construction durable. Au service de tous les acteurs du secteur, ce projet se veut, par ailleurs, collectif et ouvert.
« Nous sommes extrêmement satisfaits d’avoir été nommés lauréats en 2024 avec ce projet BâtiRoseauet de pouvoir contribuer, dans les prochaines années, à faire franchir un cap à la filière du roseau »
Éric Provost, président du Parc naturel régional de Brière.« L’enjeu du projet BâtiRoseau, c’est de structurer une filière capable de répondre aux besoins de l’ensemble des acteurs, tout en améliorant la durabilité des ouvrages et en ouvrant de nouveaux débouchés pour le roseau »
Guillaume Deguilhem, coordonnateur du projet.