Le Parc naturel régional de Brière franchit une nouvelle étape dans la lutte contre les plantes aquatiques exotiques envahissantes. En 2025, il a testé une méthode de suivi par télédétection, utilisant une image satellite pour cartographier plus efficacement la présence des jussies et de la Crassule de Helms dans les marais.
Depuis plus de 25 ans, l’inventaire de ces espèces était réalisé sur le terrain, à pied, en voiture ou en chaland. Un travail indispensable mais long et parfois limité par l’accès difficile à certains secteurs. Grâce aux images satellites capables de détecter des signatures spectrales particulières aux herbiers d’espèces invasives, il est désormais possible d’observer l’ensemble du territoire en une seule prise de vue.
Les premiers résultats, obtenus en croisant les images satellites avec les données historiques et les relevés de terrain, sont prometteurs. La cartographie établie en 2025 confirme la présence de plantes invasives sur environ 2 700 hectares de marais, avec des niveaux d’invasion variables. Elle a également permis d’identifier des zones jusqu’ici non répertoriées comme envahies, mais dont les signatures spectrales pourraient indiquer une présence de jussies ou de crassule. Ces secteurs devront faire l’objet de vérifications sur le terrain.
Ces chiffres ne traduisent pas une explosion soudaine de l’invasion. Ils reflètent surtout une vision beaucoup plus complète du territoire, rendue possible par cette nouvelle méthode. Certains secteurs jusque-là peu prospectés ont ainsi pu être identifiés.
Les jussies et la Crassule de Helms représentent un enjeu majeur pour les marais de Brière. Originaires d’Amérique du Sud pour les premières, et d’Australie et de Nouvelle-Zélande pour la seconde, ces plantes se propagent très rapidement, souvent à partir d’un simple fragment. Elles colonisent les canaux, les fossés et les prairies humides, au détriment des espèces locales, tout en impactant les usages agricoles et la gestion des milieux naturels.
La télédétection ne remplace toutefois pas les observations de terrain. Les vérifications réalisées sur le terrain restent indispensables pour confirmer les détections issues des images satellites et améliorer la précision des cartographies.
Cette expérimentation a démontré l’intérêt de la télédétection pour cartographier des espèces ciblées. En offrant une vision globale de l’ensemble des marais, cette méthode constitue un outil pertinent pour le suivi des plantes exotiques envahissantes et sera de nouveau mobilisée pour cette année 2026, particulièrement propice au développement des jussies.