Le Parc naturel régional de Brière et la Commission Syndicale de Grande Brière Mottière ont reçu, le 6 novembre dernier, un avis favorable du Conseil scientifique régional du patrimoine naturel (CSRPN) pour le renouvellement du classement en Réserve naturelle régionale (RNR) des 836 hectares concernés.
« Ce renouvellement, qui n’est jamais un acquis, est une très bonne nouvelle ! La réserve naturelle régionale (RNR) fait partie de cette grande zone humide qu’est le marais de Brière, considéré comme une tourbière. Toutes les zones humides ne sont pas des tourbières et cela nous confère un caractère très singulier. Ce classement vient, en quelque sorte, renforcer encore cette dimension de territoire d’exception. Avec la RNR et son plan de gestion, nous sommes vraiment au cœur de l’une des missions principales du Parc naturel régional de Brière : la préservation de l’environnement et des milieux naturels », souligne Éric Provost, président du Parc naturel régional de Brière (PNRB). « Nous rencontrons sur cette réserve des enjeux importants de préservation des habitats pour les espèces emblématiques du marais : les oiseaux d’eau, bien sûr, mais aussi d’autres espèces animales et une flore particulière. Le classement en réserve naturelle régionale nous engage à garantir que ces espèces puissent continuer à vivre ici ».
L’un des points clés du nouveau plan est d’anticiper le dérèglement climatique et son accélération. Les oscillations extrêmes entre années très humides et années très sèches compliquent la gestion des espaces naturels. « Le deuxième enjeu est celui des usages au sein de la RNR : quand les événements climatiques s’accélèrent, les tensions autour de l’eau ou des usages se renforcent. Notre rôle est de naviguer entre ces contraintes et l’exigence de préserver un milieu fragile », poursuit Éric Provost.
Un travail collectif
Le plan de gestion a été bâti en concertation avec les différents acteurs du terrain lors de groupes de travail. «La Commission Syndicale de Grande Brière Mottière représente les usages traditionnels, les attentes des propriétaires, et nous sommes en copilotage de la RNR », relate Bertrand Plouvier, président de la Commission Syndicale de Grande Brière Mottière. Il peut parfois y avoir des tensions entre les attentes des propriétaires — qui veulent profiter d’un territoire dont ils sont propriétaires — et les exigences de protection. Mais depuis le début, la mise en réserve de ces 836 hectares est un choix partagé . « Trouver un équilibre avec les impératifs scientifiques n’est jamais simple. Cet avis favorable montre que nous savons avancer ensemble, même lorsque cela demande des compromis difficiles ».
Une élaboration méthodique
La révision du plan de gestion, menée de janvier à septembre 2025, marque une évolution dans la manière de piloter la RNR. Son élaboration s’est appuyée sur une méthodologie nationale et inclue notamment un diagnostic d’ancrage territorial visant à mesurer l’appropriation de la réserve par les habitants, les usagers et les partenaires. « Nous avons intégré une démarche plus objectivable, avec des indicateurs précis pour mesurer l’efficacité de chaque action. Dans un contexte de crise de la biodiversité, associée à des tensions budgétaires et entre acteurs, nous devons être capables de démontrer ce que nous faisons, comment, et avec quels résultats », explique Swann Héliot, chargée d’opération RNR au sein du Parc naturel régional de Brière.
Le plan de gestion compte désormais 52 fiches action, avec des nouveautés telles que la fiche dédiée aux crises aviaires après l’épisode majeur de botulisme à l’été 2025 ou encore la cartographie régulière des roselières.
Un témoin du marais
Au-delà de la protection réglementaire, le statut de RNR confère aux 836 hectares concernés un rôle de témoin vis-à-vis de l’ensemble du marais de Brière. Il apporte des financements régionaux et facilite l’obtention d’autres moyens, ce qui permet notamment d’accueillir de nombreux programmes scientifiques sur le site. La réserve constitue aussi un outil de médiation auprès des publics, notamment les jeunes, pour sensibiliser aux enjeux des zones humides.